MEDIA

Tournée  troyenne de la cause antigone

Article d’ EST ECLAIR  , TROYES vendredi 17 avril 09

Un hommage aux femmes de combat

Le mythe Antigone a inspiré de nombreux metteurs en scène mais la version de Marie Steen, « La cause Antigone », donne à la tragédie de Sophocle un souffle contemporain, grâce à une écriture accessible et cependant sans concession, ce lien tissé entre l’Antigone mythique et les femmes d’aujourd’hui qui se battent pour la liberté.

Le public, dont de nombreux lycéens et collégiens , a apprécié « La cause Antigone », présentée mardi soir au théâtre de la Madeleine.

Spectacle déroutant, riche , à suspens , et dont l’écho  contemporain nous touche particulièrement par cet hommage qu’il rend à ces femmes  d’exception du XXI ème siècle , qui bravent tous les dangers au nom de leurs idées humanistes.

Mais l’histoire reste avec son horreur ; le rideau se lève sur un décor de corps mutilés, et sur Antigone qui informe sa sœur Ismène du décret promulgué par leur oncle Créon ; le tyran a interdit d’enterrer leur frère Polynice. Le malheureux pourrit sur place, tandis que son frère aura des funérailles dignes. Chagrin. Colère. Révolte contre ce pouvoir, contre la barbarie.

Antigone rêve de secouer le peuple de Thèbes afin qu’il se dresse contre la tyrannie. «… Éveillez-vous, levez-vous, je suis bien éveillée moi, vous   faut-il un frère à pourrir sur la place pour vous mettre debout ? » dit-elle

À ses côtés , sa sœur Ismène s’adressant à Créon dit : « Je suis la dernière du clan de l’Œdipe, tu as manipulé ma famille. Tu les crois morts, ils sont en moi. Je suis dépositaire de leur combat. »
 Une Antigone elle aussi , jusqu’au boutiste , mais par la vie . Et puis le fantôme d’Eurydice , femme du monarque , vient nous dire qu’elle a manqué ses enfants, permis , par sa condition de femme soumise , cette chaîne de jeunes gens morts . Arrive alors Jocaste , une revenante ,elle aussi ,qui vient livrer ses rancœurs contre les stratégies et les mensonges du pouvoir.
La pièce s’achève sur les voix des femmes du XXIe siècle dont l’engagement va jusqu’au bout, des femmes en lutte pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme. Ces figures d’Antigone s’appellent Malalai Joya en Afghanistan, Taslima Nasreen au Bangladesh ou Hirsi Ali en Somalie, etc …
Le jeu des actrices (Véronika Faure, Audrey Bonnefoy, Simone Bendix) est à la hauteur de la mise en scène de Marie Steen : excellent.


Publicités
%d blogueurs aiment cette page :